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PANIQUE et SANG-FROID

Sur l’île de Pâques, « l’Homme-oiseau » incarnait le Dieu MakéMaké, créateur de l’univers, et devenait le second roi de l’île. Il arbitrait notamment les conflits entre les clans. À ce titre, il était neutre et sacré. Il vivait isolé des autres.

Nous devons régulièrement prendre des décisions pour administrer (Saturne) notre vie, pour gérer des conflits, qu’ils soient intérieurs ou avec d’autres personnes. La perception (la Lune) que nous avons de notre réalité influence grandement ces décisions. Parfois, dans certaines situations, nous sommes soumis à une peur panique. L’émotion est intense, incontrôlable et irrationnelle. Les décisions prises dans ce contexte sont une réaction de fuite ou de combat, en tout cas, rien de neutre !

Au natal, selon sa position en maison, Makémaké symbolise le genre de situations qui génèrent de la panique parce que nous sommes particulièrement vulnérables dans ce contexte.

Quand nous nous sentons invulnérables, nous n’avons pas besoin d’être fort. Nous sommes isolés et protégés par un sentiment de contrôle, soit parce que nous savons gérer ce genre de situations, soit parce que nous avons appris à éviter de nous retrouver dans certaines situations. Dans ce cas, nous avons isolé et mis à l’écart un pan de notre vie.

La vulnérabilité nous oblige à nous exposer à des conséquences désagréables, douloureuses, déstabilisantes. La vulnérabilité demande de devenir fort, d’acquérir suffisamment de solidité intérieure pour garder notre sang-froid, malgré la douleur, afin de prendre des décisions éclairées qui tiendront compte de tout le contexte de notre vie.

Accepter d’être vulnérable, c’est permettre notre développement durable, en renforçant toute la structure de notre vie, en tenant compte de tout notre écosystème, qu’il soit individuel ou collectif.

En transit, Makémaké nous confronte à des situations dans lesquelles nous nous sentons très vulnérables et qui génèrent une peur panique, afin que nous apprenions à les maîtriser.

Un transit de Makémaké dure environ 4 ans. Outre la panique initiale, Makémaké semble bloquer toutes les issues, sauf celle qui mène dans l’arène, nous obligeant à reprendre notre sang-froid en apprenant à mieux appréhender ce genre de situations. Makémaké nous permet de devenir plus fort, plus solide et, c’est peut-être le plus important, nous découvrons que cette partie de notre vie que nous avons négligée, donne plus de consistance (Saturne) à notre vie, nous nous sentons davantage « entier ». Notre perception de la réalité (la Lune) est transformée.


GLYPHE ASTROLOGIQUE

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J'ai créé ce glyphe parce que, à ma connaissance, il n'en existe pas d'officiel.

C'est tout simplement une représentation de l'Homme-oiseau.
 




MYTHOLOGIE

320px-Makemake.jpegLa mythologie Rapa Nui se transmet oralement et, selon l'orateur, il peut y avoir des modifications dans le récit. Cependant, l'idée générale du mythe est la même.

Le mythe de MakéMaké, dieu créateur de toute chose, dit qu'il vint apporter un œuf et que, de cet œuf, naquirent les habitants de Rapa Nui.

Une autre version dit : « Il y a bien longtemps, aucun oiseau ne venait pondre à Rapa Nui. Un jour, une prêtresse nommée Hitu, vint s'asseoir au bord de la baie Hanga Nui. Posé sur une roche, gisait un crâne humain. Une ombre vint alors balayer la côte emportant le crâne avec elle. Hitu se jeta à l'eau pour s'en saisir mais ne parvint pas à l'atteindre.

La prêtresse et le crâne nagèrent ainsi jour et nuit vers l'est jusqu'au moment où se dessinèrent à l'horizon les terres de Motu Motiro Hiva. Elles étaient recouvertes du guano blanc des oiseaux marins. C'est alors que le crâne, arrivé sur le rivage, se transforma en dieu MakéMaké.

Sur Motu Motiro Hiva, vivait le dieu Haua, ami de MakéMaké. Il reçut MakéMaké et la prêtresse et leur donna à manger. Ils restèrent là un moment.

Un jour, MakéMaké demanda à Haua de lui apporter un couple d'oiseaux. De retour sur Rapa Nui, il les mit en liberté sur la péninsule de Poike.

L'année suivante, il revint pour s'assurer que les oiseaux s'étaient multipliés. Mais il constata que les hommes en avaient mangé tous les œufs. MakéMaké recueillit alors les oiseaux et les emmena à Viahu. Lorsqu'il revient, les hommes avaient encore manger les œufs.

L'année suivante, il emmena le couple d'oiseaux a Vai a Tare sur les hauteurs du volcan Rano Kau. Les hommes laissèrent alors un seul œuf dont naquit le premier oiseau manu-tara (hirondelle de mer) de l'île.

Pour assurer une meilleure prolifération de ces oiseaux, MakéMaké revint encore l'année suivante. Il laissa cette fois les oiseaux sur l'îlot Motu Nui où ils purent enfin se reproduire en grand nombre. »


LA CÉRÉMONIE DE L'HOMME-OISEAU

Tous les printemps, la plus grande fête de l’année avait lieu. Elle est précédée d’une cérémonie religieuse consacrée au culte de l’Homme-Oiseau. C’est la fête de « Tangata Manu ». L’objectif de cette fête est de désigner un second roi sur l’île pour un an. Le concurrent (une personne influente) est représentée par un serviteur (le Hopu).

La cérémonie se déroulait de juillet à septembre, pendant le printemps austral, période de ponte des hirondelles de mer. Il s'agissait d'un concours dont le but était de recueillir le premier oeuf de la saison.

Les participants nageaient 2 km jusqu'à Motu Nui, dans des eaux particulièrement dangereuses car infestées de requins. Une fois sur l'îlot, ils attendaient des semaines d'y découvrir le premier oeuf du printemps.

Celui qui ramène l’oeuf à son maître, prend alors le nom d’Homme-Oiseau (ou dans la langue locale le Tangata manu) ; il incarne sur Terre le Dieu MakéMaké : le créateur de l’univers. Le maître gagnait un pouvoir considérable pour une année : il devenait le second roi de l’île ou obtenait un titre de chef militaire (quand on sait que les tribus se bataillaient régulièrement, on peut mieux percevoir l’importance de cet homme).

L’« Homme-Oiseau » était, pour un an, l’arbitre des conflits entre clans sur l’île de Pâques. À ce titre, il était « neutre » et sacré.

Après la fête, le guerrier qui rapporte l’oeuf se fera raser le crâne et devra séjourner pendant un an (jusqu’à la prochaine célébration) dans une grotte. Très peu de personnes ont le droit de le voir et ses repas sont préparés par les quelques personnes habilitées à le faire (essentiellement des prêtres). Il était soumis à de sévères interdits du fait de son caractère sacré.

NOTE : Il est très possible que ce mythe soit issu (ou inspiré) de la mythologie Inca. En effet, les représentations de MakéMaké sur les pétroglyphes, présentent de nombreuses similitudes avec le Condor des Andes, oiseau qui vit exclusivement le long de la cordillère des Andes et des côtes du Pacifique. (voir vidéo : http://www.dailymotion.com/video/xgd0ps_le-rite-de-l-homme-oiseau_tech).


Date de création : 11/06/2017 14:44
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