Vous êtes ici :   Accueil » 7. L'expérience de Milgram


Récemment, j’ai eu l’occasion de me souvenir du film d’Henri Verneuil « I comme Icare » (1979), tout particulièrement la partie qui illustre l’expérience de Milgram : C’est une expérience de psychologie réalisée entre 1960 et 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram. Cette expérience cherchait à évaluer le degré d'obéissance d'un individu devant une autorité qu'il juge légitime et à analyser le processus de soumission à l'autorité; notamment quand elle induit des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet. (voir sur Wikipédia).

On peut voir cet extrait sur YouTube, je le mets ci-dessous.

« … la civilisation est caractérisée, avant tout, par la volonté de ne pas faire souffrir gratuitement nos semblables. Selon les termes de cette définition, ceux d'entre nous qui se soumettent aveuglément aux exigences de l'autorité ne peuvent prétendre au statut d'hommes civilisés. »   Harold Laski










Je transcris ici l'échange entre le procureur et le professeur, suite à l'expérience de Milgram.
 

« Question du procureur : Dans le cas d'un génocide, comment un tyran arrive-t-il à se faire obéir? Il lui faut des complices, des exécuteurs.

Réponse du professeur : En morcelant les responsabilités. Un tyran a besoin avant tout d'un état tyran, alors il va recruter un million de petits tyrans fonctionnaires qui auront chacun une tâche banale à exécuter. Et chacun va exécuter cette tâche avec compétence et sans remords, car personne ne se rendra compte qu'il est le millionième maillon de l'acte final.

Les uns vont arrêter les victimes, ils n'auront commis que de simples arrestations.

D'autres vont conduire ces victimes dans des camps, ils n'auront fait que leur métier de mécanicien de locomotive.

L'administrateur du camp, en ouvrant ses portes, n'aura fait que son devoir de directeur de prison.

Bien entendu, on utilise les individus les plus cruels dans la violence finale mais à tous les maillons de la chaîne, on a rendu l'obéissance confortable. »


Je trouve que cette expérience est tout à fait adaptée aux enjeux actuels, tout particulièrement les aspects entre Saturne, Uranus et Pluton.

Le Capricorne, c’est l’autorité et, surtout, l’exercice de l’autorité. Toute notre vie est construite et structurée en fonction de notre capacité à exercer notre autorité et notre capacité à obéir à une autorité extérieure. Dans une collectivité, il y a toujours un individu qui assume la fonction de dirigeant, que l’on parle d’un pays, d’une municipalité, d’une religion, d’une famille, d’une entreprise, etc. La fonction de dirigeant est nécessaire mais elle n’est pas supérieure à une autre fonction. L’individu qui assume cette fonction est un être humain avec exactement les mêmes caractéristiques que les autres êtres humains. L’individu qui a le talent d’être à la tête serait très probablement un piètre exécutant. Une structure saine ne valorise pas plus une fonction qu’une autre car toutes sont vitales.

La présence de Pluton en Capricorne symbolise des réformes importantes à faire dans l’administration de nos structures, voire la remise en question de ces structures. Saturne Balance précise que le déséquilibre est devenu trop grand, que les fonctions ne sont pas assumées équitablement. Ce sont tous ces déséquilibres qui s’accentuent, qui se manifestent de plus en plus à notre conscience.

Pour conserver la cohérence de cette collectivité, il est nécessaire de suivre les directives du dirigeant. Cependant, cette obéissance a une limite et, selon moi, cette limite se distingue par notre conscience d’être un individu parmi d’autres, donc par le fait d’avoir toujours présent à l’esprit notre statut d’être humain, ce qui implique que la collectivité à laquelle nous appartenons est, d’abord et avant tout, composée d’êtres humains.

Cette conscience nous permet de remettre en question, de désobéir à un ordre qui nous semble déraisonnable, inhumain. Cette conscience humaine nous permet également de prendre une décision qui, selon la structure hiérarchique, ne nous appartient pas mais qui, en tant qu’individu confronté à une situation qui engage d’autres individus, nous appartient.

Je pense que la conjonction Jupiter-Uranus Bélier qui débute en juin, opposée à Saturne et au carré de Pluton cet été, va nous permettre de mieux mettre en perspective cette limite d’obéissance. Ce ne sera certainement pas agréable, mais la coupe est prête à déborder… il suffit de quelques gouttes de plus.

Uranus, c’est la conscience, de soi, des autres, de la vie. C’est aussi vivre dans le présent, s’impliquer dans sa vie, avec conscience et sens des responsabilités. Le lien entre Saturne et Uranus est très fort, l’un ne peut vivre sans l’autre. Si nous sommes impliqués dans notre vie, nous avons inévitablement des décisions à prendre, des choix à faire, nous assumons la responsabilité de notre vie. Si nous n’assumons pas la responsabilité de notre vie, ça signifie que nous déléguons ce pouvoir à quelqu’un d’autre. Nous perdons ainsi notre liberté et nous « n’avons plus le choix ».

L’obéissance peut être confortable. Il est confortable aussi de ne pas se sentir responsable. Cependant, ce « confort » engendre de nombreux désagréments, favorise la tyrannie, sous toutes ces formes, favorise la dévalorisation de soi, nourrit la peur, appauvrit la créativité.

Uranus Bélier va aussi nous aider à remettre l’ego à sa place… mais pas à le détruire ! L’ego est nécessaire à notre vie et à notre survie. Sans ego, l’être humain n’existerait pas. L’ego, c’est ce qui nous permet d’avancer, d’aller de l’avant, de nous affirmer, de nous défendre, c’est ce qui nous pousse à la conquête de terres inconnues, qu’elles soient physiques ou non. La vie est à conquérir et notre ego est le plus compétent pour nous permettre d’accomplir cette quête.

Ceci dit, très souvent, soit l’ego est trop présent, soit il ne l’est pas assez : nous nous sentons attaqués personnellement pour à peu près tout et n’importe quoi, nous nous sentons responsables de presque tout et n’importe quoi, nous valorisons notre action sans tenir compte des actions des autres qui ont aussi contribué à la réussite du projet, nous dévalorisons notre action en accordant trop d’importance aux actions d’autrui, etc.

Nous sommes arrivés au stade où nous devons apprendre à utiliser notre ego sainement, en lui laissant la place qui lui revient, ni plus ni moins. Ceci implique la conscience d’être humain, d’être un tout, un ensemble de caractéristiques (homme, femme, une nationalité, une couleur de peau, une religion, une fonction, etc.). Autrement dit, nous devons apprendre à ne plus confondre le contenant et le contenu, par exemple : une fonction n’est qu’une fonction (le contenant), c’est l’individu qui anime cette fonction qui fait la différence (le contenu). Un médecin n’est ni pire ni meilleur qu’un infirmier, ce sont deux fonctions différentes. Un chef d’entreprise n’est ni pire ni meilleur que l’employé au bas de l’échelle, ce sont deux fonctions différentes. Ce sont les individus qui animent ces fonctions qui font la différence. Si l’un dévalorise l’autre à cause de son statut ou si l’un remet son pouvoir à l’autre à cause de son statut, il y a inévitablement une perte d’équilibre car la créativité de chacun n’est pas diffusée harmonieusement… La conséquence est l’appauvrissement de la collectivité.

Les aspects de cet été nous demandent de reprendre notre place d’être humain, individu unique, conscient, responsable, impliqué dans sa vie et conscient de son impact dans sa collectivité.

Sabine smile
26 février 2010

 

Date de création : 2010/02/23 @ 16:33
Dernière modification : 2012/10/13 @ 20:57
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